Autres renseignements : L’énergie hydraulique est une énergie renouvelable qui utilise l’énergie cinétique et potentielle de l’eau (rivière, chute d’eau et marée) pour produire de l’énergie mécanique et, surtout, de l’électricité. On parle alors d’hydroélectricité.
Les désavantages des barrages :
L’inondation des terres (cultures, prairies, forêts, parcs naturels, zones d’habitation ...) est la principale conséquence
négative lors de la création d’un barrage : c’est l’aspect le plus visible et le plus "populaire" du problème.
De plus la montée des eaux provoquent la migration voire la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Les conséquences
écologiques ne sont pas les seules, en effet l’envahissement des terres par les eaux provoquent de nombreuses "répultions
sociales" (expropriation, abandon de terres cultivables ...).
- Déboisement, érosion des bassins versants :
Suite à la construction d’un barrage, au défrichage de nouvelles zones pour la réinstallation des populations et au déboisement,
on observe parfois une dégradation des bassins versants : le déboisement provoque un ruissellement et une érosion accrue,
d’où un lessivage accentué des terres. Il en résulte d’une part un appauvrissement des sols et d’autre part une "sursédimentation"
dans le réservoir provenant des particules arrachées au sol.
- Turbidité / apport de matière organique / modification de la teneur O2 :
Le lessivage du bassin versant provoque un apport important d’alluvions (matière organique et minérale) se traduisant par
des modifications physico-chimiques de l’eau. La turbidité augmente. L’eau se charge en divers éléments (nutritifs, polluants...)
dont une partie sédimente et forme une couche dans laquelle peuvent se développer des bactéries sulfureuses ou nitrifiantes.
Ces modifications et l’immobilisation prolongée de l’eau dans les retenues favorisent une stratification des eaux et le développement
des algues si elles sont riches en éléments nutritifs. L’eau prélevée en profondeur peut alors être plus chargée en azote
ammoniacal, en hydrogène sulfureux et moins riches en oxygène.
- Problème des lâchers d’eau / irrigation :
Les lâchers d’eau sont effectués afin d’éviter une sédimentation trop importante qui pourrait obstruer les conduites d’évacuation
d’eau et gêner le fonctionnement du barrage. Lors de la vidange, une partie des sédiments ainsi que l’eau chargée en azote
ammoniacal et en hydrogène sulfureux rejoignent la rivière et peuvent nuire à la qualité de l’eau.
La qualité de l’eau peut être un grave problème notamment pendant les périodes de sécheresse où la demande en eau pour l’irrigation
est importante et le niveau des eaux est faible.
- Interruption du continuum fluvial :
Le continuum fluvial traduit une notion de continuité biologique tout au long du cours d’eau, c’est à dire que la distribution
des espèces (animales et végétales) sera gouvernée par les stratégies (alimentaire, de survie, de développement) mises en
place par chacune. Ainsi, une perturbation naturelle ou anthropique (modification du débit, pollution, crue) en amont du cours
d’eau, aura des répercussions au niveau biologique en aval. C’est pourquoi la construction d’un barrage nuit au continuum
fluvial.
Les ouvrages hydroélectriques constituent des obstacles pour les poissons migrateurs. Cependant des mesures ont été prises,
(échelles, ascenseurs à poissons ou passes à poisson) mais elles restent encore insuffisantes.
Dans les zones où les maladies hydriques tropicales sont endémiques, la construction de nouveaux réservoirs peut augmenter
les risques en termes de santé. En effet le stockage de l’eau (immobilisation de l’eau), les phénomènes de concentration en
éléments nutritifs, en polluants (NH4, nitrates...) favorisent le développement de bactéries, de virus, de protozoaires et
de vers parasites.
- Autres aspects négatifs :
En plus des conséquences environnementales, viennent s’ajouter des impacts d’ordre sociaux tels que les déplacements de population
(expropriations) du à la submersion des terres cultivables, pertes des traditions par l’abandon des villages, disparition
de sites archéologiques...
Les avantages :
Un lac de barrage peut être un accueil d’oiseaux migrateurs, lieux de reproduction de certaines espèces aquatiques,
Un lac de barrage peut améliorer les conditions d’écoulement en étiage. De plus en plus, les barrages hydroélectriques participent à un soutien d’étiage, permettant une vie estivale de rivières par ailleurs affectées par de nombreux prélèvements (autorisés ou non), d’améliorer le refroidissement des eaux, et la dilution des pollutions en aval. En France, depuis la même Loi Pêche de 1984, tous les obstacles sur les rivières françaises doivent obligatoirement laisser dans le cours d’eau 1/40 du module (moyenne de débit), et 1/10 pour tous les ouvrages neufs ou dont le titre est renouvelé. Afin de mettre fin à cette situation inégalitaire (posant de nombreux problèmes de variation des débits sur un même cours d’eau), la nouvelle loi sur l’eau et les milieux aquatiques15 a fixé au 1er janvier 2014 la date limite de délivrance de 1/10 pour tous les ouvrages. Cette LEMA introduit cependant l’exception des barrages de haute chute, assurant le soutien du réseau électrique, auxquels le débit réservé pourra être limité à 1/20 (une liste devant être fixée par décret). De même, sur justification par une étude adaptée, le débit pourra être modulé sur l’année (régime réservé).
Un lac de barrage peut être une source de production d’énergie renouvelable, lorsqu’il s’agit d’un barrage hydroélectrique.
Les barrages d’irrigation ou d’eau potable sont aussi construits pour apporter des bienfaits pour l’agriculture et l’alimentation en eau. Ces impacts doivent donc être pesés au même titre que les inconvénients portés au milieu aquatique ou à la pêche de loisir.
Et voici un dernier lien, qui résume un peu tout.
Voir en ligne : Les Centrales hydraulique.